SOH! N°2

Mai 2026

ÉDITORIAL

I​A, IA, t’as une IA, tu as pensé à interroger une IA ( ?), elle est incroyable cette IA ( !) , IA par ci, IA par là… mais enfin, on n’en peut plus de l’IA !

Notre profession d’avocat n’échappe pas à la vague. L’intelligence artificielle bouleverse les professions juridiques. Beaucoup s’en inquiètent, cherchant à s’en protéger, certains la rejettent. Pas nous !

Nous y voyons une opportunité remarquable — un outil puissant au service de notre métier. Car le droit reste avant tout une affaire d’humains, de jugement, d’expérience et de confiance. L’IA ne remplace pas l’avocat ; elle l’amplifie. Elle traite, trie, analyse — pour que nous pensions, conseillons, défendions encore mieux.

Certes, la machine est devenue incontournable, mais rien ne remplacera notre conviction et notre engagement pour traiter des situations complexes et avant tout humaines.

Nous nous sommes demandés si cette analyse était partagée et ce que pouvaient en penser le monde universitaire et nos instances professionnelles. A eux la parole !

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Louis VANEECLOO, Avocat associé

INTERVIEW

L’intelligence artificielle redessine en profondeur les contours de la profession d’avocat. Entre enjeux déontologiques, transformation des pratiques et évolution des compétences le sujet appelle des regards croisés.

Nous vous proposons deux interviews complémentaires, l’une de Christophe ROQUILLY, Professeur de droit et Doyen honoraire du corps professoral à l’EDHEC Business School, où il dirige l’Augmented Law Institute, l’autre de Philippe SIMONEAU Bâtonnier du barreau de Lille.

Deux voix, un même enjeu : comprendre comment l’IA façonne le droit de demain et son impact sur notre profession.

Christophe ROQUILLY

Full Professor Director EDHEC Augmented Law Institute Honorary Dean of Faculty

1. Selon votre analyse, quel est l’impact de l’IA sur la profession d’avocat ?

Ce que montrent certaines études ou enquêtes, notamment réalisées par le CNB, c’est que le nombre d’avocats utilisant une IA dans leur pratique quotidienne est en augmentation. Le taux d’adoption ne fait que croitre au fil des mois, même s’il est encore un peu tôt pour savoir si cette adoption est définitive ou pas. Nous manquons encore de données solides pour déterminer quel est exactement le retour sur investissement (ROI) et il n’est pas toujours aisé de faire la part des choses entre une réalité partagée avec transparence et des discours à vocation marketing.
Le premier impact est celui de la prise de conscience. Aujourd’hui, un avocat ne peut plus ignorer que l’IA (ou les IA, plus exactement) est là durablement, d’autant que ses clients sont de plus en plus nombreux à l’utiliser (pas toujours à bon escient, au demeurant).

Le second impact est que cette prise de conscience oblige à se poser une première bonne question : en quoi l’IA peut-elle m’aider à mieux faire mon métier (qualité améliorée, rapidité accrue sans diminuer la qualité) ? Cette question oblige à décomposer le métier en différentes tâches, qui peuvent varier selon les pratiques de l’avocat ou du cabinet. Basiquement, ces tâches peuvent être rassemblées en deux grandes catégories : une fonction de production (produire des documents, des contrats, des conseils, un accompagnement, etc.) et une fonction de distribution (comment ce qui est produit est acheminé au client ou mis à sa disposition). Selon les cas, qui dépendent de divers critères tels que la vision du cabinet sur la question de l’IA, la personnalité et la culture technologique des avocats et du cabinet, son organisation, sa taille, ses domaines de pratiques, son modèle économique, ses capacités budgétaires, l’IA peut affecter la manière dont certaines tâches sont réalisées (par exemple, recherche documentaire ou juridique, rédaction, analyse, etc.) ou organisées ( en particulier la gestion des workflows) sans pour autant entrainer une vraie refonte du modèle global du cabinet. Dans d’autres cas, pour l’instant plus rares, l’IA entraine une refonte du modèle opérationnel du cabinet. Dans certains pays, des études récentes montrent que l’IA a un impact variable sur la productivité (et le nombre d’heures travaillées et facturées) en fonction du « statut » de l’avocat. Ainsi, en Australie, le nombre d’heures a baissé sensiblement pour les juniors et les « mid level associates », alors qu’il a augmenté pour les « senior associates » et les « equity partners ».

Enfin, un dernier impact dont on commence à percevoir l’émergence, est le questionnement sur le modèle de « pricing ». Autrement dit l’IA, si elle s’installe durablement dans le modèle opérationnel du cabinet, et que celui-ci revendique des gains de productivité, entraine-t-elle une remise en cause du nombre d’heures facturées au client, voire de la facturation horaire en elle-même ? Les demandes qui commencent à émaner de certains clients entreprises montrent que cette question ne peut être écartée d’un revers de la main. Fondamentalement, qu’est-ce que facture un avocat ? Un acte de production, une capacité de jugement sur une situation donnée, la valeur qu’il crée chez son client ?

2. Selon vous, l’IA doit-elle d’ores et déjà être intégrée à la formation des futurs avocats et si oui comment ?

Pour répondre à cette question, il faut en premier lieu se demander ce qui est ou va être attendu de la part d’un nouvel entrant dans la profession, en particulier s’il vient juste de finir ses études juridiques. Face à une problématique sociale ou économique qui intègre une dimension juridique, face à un risque ou une opportunité juridique (que je définis comme étant la rencontre entre un évènement/un fait/une décision et une norme juridique, l’un et-ou l’autre étant frappé d’incertitude et pouvant conduire à une destruction ou à une création de valeur), il est attendu d’un avocat qu’il propose des solutions qui soient non seulement juridiquement robustes mais également qui aient du sens par rapport aux risques à réduire ou aux opportunités à saisir. Il ne peut se limiter à « savoir le droit » mais doit aussi avoir une capacité à contextualiser, ce qui lui demande une excellente compréhension des enjeux humains, économiques, organisationnels. Or l’IA, quel que soit le niveau de performance qu’elle atteint ou pourra atteindre dans un très proche futur pour produire un document ou une argumentation juridique, peine à contextualiser. De plus, et même si l’on peut espérer que la tendance de l’IA (même spécialisée) à « halluciner » (produire des citations inexactes de décisions de justice ou avancer des théories juridiques farfelues) se réduise, il est indispensable que l’avocat vérifie ces résultats pour détecter d’éventuelles anomalies. Par conséquent, il est encore plus important qu’avant que le futur avocat ait une formation solide sur les fondamentaux juridiques, sinon on voit mal comment il pourrait contrôler ces résultats. Également, puisque c’est surtout sa capacité de jugement qui crée de la valeur, plus que sa capacité à générer de la documentation juridique, il est essentiel qu’il développe ses compétences sur ces éléments de contexte évoqués précédemment, que ce contexte soit économique ou financier, social, ou encore géopolitique.

Enfin, il est indispensable que le futur avocat ait été formé à utiliser les IA de manière éthique et responsable. Cela passe d’abord par la compréhension de la manière dont elles fonctionnent, leurs limites en termes de transparence, d’explicabilité, de sécurité, en alliant formation théorique et mise en situation, « les mains dans le cambouis ». C’est une erreur, à mon sens, de penser qu’il suffit de dire à un futur avocat : « tu vas utiliser telle ou telle solution éditeur ou tel agent développé au sein du cabinet » pour considérer qu’il est capable d’en avoir une utilisation éclairée. Si vous me permettez cette image un peu triviale, ce n’est pas parce qu’on sait conduire une voiture qu’on comprend comment elle fonctionne. La formation initiale des futurs avocats, avant d’entrer au centre de formation des avocats, doit pouvoir intégrer cette double nécessité : former solidement aux fondamentaux juridiques et à leur contextualisation, d’une part, et donner des bases suffisamment solides pour une utilisation des IA dans le cadre professionnel d’un cabinet, d’autre part. La formation à l’école des avocats, à mon avis, doit renforcer cette capacité de mise en contexte et à exercer son jugement, et doit contribuer à rendre les futurs avocats à l’aise avec la technologie. Cela exige peut-être de réfléchir en profondeur sur la manière d’acquérir cet ensemble de savoirs et de savoir-faire, avec les évidentes contraintes de budget et de nombre d’étudiants à former.

Ensuite, à chaque cabinet de former sur sa propre doctrine interne par rapport aux IA, avec les solutions technologiques qu’il a l’habitude d’utiliser. Un dernier point : il me parait souhaitable de former les futurs avocats (et qu’ils continuent à le faire une fois en activité) aux nouvelles formes d’intelligence collective. Autrement dit, comment, avec la technologie à disposition, avec ses collaborateurs et ses associés, avec ses clients, construire une forme d’intelligence augmentée, se nourrissant d’expertises diverses, de données, et d’une volonté farouche de créer une valeur raisonnablement partagée.

3. Selon vous, à quoi ressemblera la profession d’avocat dans 10 ans ?

C’est déjà difficile de se projeter à 3 ans. Ça l’est donc encore plus à 5 ans. Alors, à 10 ans… Si on se livre à un exercice de foresight, plusieurs scénarios sont envisageables. Des plus prometteurs pour la profession jusqu’aux plus pessimistes. En particulier, mais pas uniquement, parce que je ne sais pas du tout (et qui le sait ?) à quoi ressembleront les IA dans 10 ans. Surtout si l’informatique quantique progresse d’ici là, ce qui est probable.
Cela dit, pour me plier à l’exercice, et si j’observe certaines tendances émergentes, je vais mettre en avant plusieurs opportunités, en partant du principe que la profession est très diverse dans son mode d’exercice. Une première opportunité est celle offerte aux cabinets individuels. Aujourd’hui, et demain, un avocat exerçant individuellement peut multiplier sa capacité de production grâce à l’IA. Produire et distribuer plus vite, en maintenant la même qualité voire en l’augmentant, et donc prendre plus de dossiers (nécessité, d’ailleurs, si les prix de certaines prestations sont tirés vers le bas). Un avocat senior ayant exercé pendant plusieurs années dans un cabinet avec ses consoeurs et confrères, et qui voudrait voler de ses propres ailes en créant sa « boutique », aura accès à des facilités technologiques lui permettant de se passer de l’infrastructure de production dans laquelle il évoluait jusqu’alors. Cependant, deux questions se poseront : quittant le cabinet, il lui laisse les données ayant servi à nourrir l’IA que ce cabinet avait intégrée dans sa chaine de valeur. Peut-il reproduire le même schéma de production ? Pas sûr. Seconde question, mais qui n’est pas nouvelle : est-il un bon « business developer » ?

Une seconde opportunité, qui existe déjà mais qui, selon moi, se développera, réside dans la création de cabinets d’avocats « AI native ». Autrement dit, des cabinets dans lesquels l’IA se trouve au cœur de la chaine de valeur. Il ne s’agit pas de mettre des couches d’IA ici ou là, mais d’en faire le cœur de l’infrastructure de production juridique. Aux Etats-Unis, on constate déjà le développement de ce type de cabinets avec parfois une tendance qui interroge sur l’avenir de la profession : le recrutement vertical de jeunes collaborateurs non-expérimentés disparait, au profit d’un recrutement latéral de nouveaux associés, capables de travailler en s’appuyant sur une pile d’IA. Mais avec une telle approche, comment la profession peut-elle se régénérer et former de jeunes talents ? Si les cabinets ne font plus l’effort de former des jeunes, certainement différemment afin d’accélérer leur capacité de jugement (maitrise des interactions avec le client, pensée stratégique, etc.), la profession n’a pas d’avenir, sauf celui d’être dissoute dans l’offre de services des fournisseurs technologiques.

Une troisième opportunité réside, en particulier pour les cabinets de grande taille, à nouer des partenariats avec des acteurs technologiques afin d’augmenter leur capacité de production, et éventuellement de diversifier leur portefeuille d’offres. En effet, je pense que l’intégration de l’IA n’aura qu’un faible impact sur le coût des prestations « haut de gamme », sur mesure, relatives à des opérations complexes et auprès de clients à forte capacité financière. En revanche, pour des prestations plus standards, une firme bien organisée peut se mettre en capacité de produire plus vite sans renoncer à la qualité, et d’accroitre sa base clients en proposant des tarifs plus compétitifs, en particulier par abonnement.

Pour conclure, il me parait plus simple en réalité de répondre à la question suivante : à quoi ne doit pas ressembler la profession d’avocat dans 10 ans ? Elle ne doit pas avoir été dissoute dans les offres de services proposées par des géants de la tech. Elle ne doit pas renoncer à former les générations futures d’avocats, en s’assurant que ceux-ci tirent leur valeur de leur capacité de jugement et d’empathie pour leurs clients, et non de leur capacité à produire du droit. Elle ne doit pas ignorer que chaque avocat détient, dans ses données professionnelles, une mine d’or qu’il faut protéger avec détermination et valoriser avec clairvoyance. Elle ne doit pas sombrer dans la dépendance technologique en ne perdant pas la maitrise des « gestes métiers ». Elle ne doit pas s’accrocher à l’illusion que l’IA passera, sous peine d’être déclassée. Elle ne doit pas commettre l’erreur de penser que sa singularité est celle de l’expertise juridique, alors que c’est celle du goût des autres et du sens de l’humain.

Philippe SIMONEAU

Bâtonnier du Barreau de Lille

1. L’IA est-elle une menace ou une opportunité pour la profession d’avocat ?

La question n’est plus de savoir si l’IA est une menace ou une opportunité ; elle s’est imposée.
L’IA ne menace pas l’existence de l’avocat ; elle change son modèle de travail et de production des prestations juridiques et judiciaires.
Une grande partie de notre métier repose sur le langage : lire, rechercher, qualifier, synthétiser, rédiger, comparer, argumenter ; et l’IA va libérer l’avocat de certaines tâches chronophages (recherche, synthèse, revue documentaire, comparaison des clauses, rédaction des premiers jets, veille, analyse de certaines pièces, etc…).
Des algorithmes analyseront de mieux en mieux les chances de succès d’un dossier.
Il faut donc que l’avocat se forme et qu’il apprenne à bien utiliser cet IA.
L’avocat doit rester un stratège, un analyste du risque et des mesures à prendre pour protéger la société ou la collectivité, ses dirigeants ou ses élus, ses salariés et ses agents.
L’empathie et l’écoute, l’intuition, la créativité, et l’art de la persuasion sont et seront toujours au cœur de notre métier, et les raisons pour lesquelles on fait appel à nous.
Il faut encore rappeler que nous intervenons dans le cadre d’une déontologie et d’une éthique, couronnées par le secret professionnel et la confidentialité et encadrées au besoin d’une responsabilité civile professionnelle.
2. Est-ce que les avocats se sont emparés de l’IA ?

Pas suffisamment, et en 2026, les avocats, comme je crois aussi les juristes d’entreprise, sont encore en cours d’adaptation et de formation.
L’IA ne va pas remplacer les avocats, mais les avocats qui utilisent l’IA remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas.
L’Ordre de Lille propose des formations et organise en collaboration avec l’université de Lille un colloque en 2026 pour convaincre le plus grand nombre ; car il y a un manque flagrant de formation et une tendance à penser que l’appropriation peut être rapide, ce qui n’est absolument pas le cas.

3. L’utilisation de l’IA est-elle compatible avec les règles qui régissent la profession d’avocat ?

Le CNB, Conseil National des Barreaux, a publié le 17 mars 2026 un guide sur « la déontologie et l’IA ».
Ce guide renvoie notamment au Guide de bonnes pratiques dans l’utilisation des systèmes d’intelligence artificielle générative (CNB, 1ère édition, sept. 2024) et au guide du CCBE (Conseil des Barreaux Européens) sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative par les avocats du 2 octobre 2025.
Nos règles professionnelles (compétence, diligence, devoir d’information et de conseil, indépendance, loyauté, dignité, conscience, humanité, probité, respect de la loi et du secret professionnel, …) sont un atout pour la profession et surtout pour les justiciables, personnes physiques et morales.
Elles subsistent ; la compétence, la prudence et la rigueur, le contrôle humain et du RGPD, dont nous devons déjà faire preuve, doivent s’adapter à ces nouvelles technologies.
Les IA, version grand public et gratuite de ChatGPT, où les prompts et les données sont conservés, analysés et réutilisés pour entraîner les modèles, doivent être utilisés avec précaution pour ne pas violer le secret professionnel. Il faut choisir des solutions spécialisées et sécurisées.
Aucune version gratuite des outils proposés ne peut selon moi être considéré comme compatible avec les règles de la profession.
De plus, il faut être rigoureux, relire et vérifier avant de diffuser une analyse ou des conclusions qui comportent des fausses références.

4. A quoi ressemblera la profession d’avocat dans 10 ans ?

On ne représente déjà plus l’avocat posant devant une bibliothèque de livres ou caché derrière « des tomes et des tomes » de dossiers, parce qu’on parle aujourd’hui d’avocat « augmenté » avec l’IA.
Le métier a changé. Et il va continuer à évoluer de plus en plus vite.
Il n’y a pas que l’IA. Il y a aussi les MARD, modes alternatifs de règlement des différends. Sans doute ferons-nous comme aux USA ; le recours aux juges deviendra moins systématique. Tant mieux, en France nous n’avons pas les moyens humains (juges et greffiers), matériels et financiers pour que la Justice fonctionne correctement et dans des délais raisonnables. On construit même en 2026 à Lille un Palais de Justice présenté comme une Cité judiciaire moderne, mal adapté et beaucoup trop petit !!!
L’avocat sera de plus en plus présent et son recours systématique pour que la Justice fonctionne, dans tous les domaines, civil, social, commercial, administratif, pénal, etc…
Il y aura aussi de nouveaux domaines juridiques ; mais tous les domaines actuels subsisteront ; avec des « actualisations » ; par exemple si les voitures roulent un jour sans conducteur ; qui sera responsable en cas d’accident ?
Que tout le monde se rassure : les « IAvocats » seront toujours indispensables.

FLASH INFOS

CONTRAT D’APPRENTISSAGE : vers un nouveau mode de rupture immédiate inspiré de la prise d’acte

Avis aux employeurs qui comptent des apprentis dans leurs effectifs

Pour rappel, la rupture anticipée est strictement encadrée par l’article L. 6222-18 du Code du travail :

• Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise :
Chacune des parties peut rompre librement le contrat, sans avoir à justifier d’un motif

• Passé ce délai, les modes de rupture sont limitativement énumérés :

o Rupture d’un commun accord, par écrit signé des deux parties.
o Rupture à l’initiative de l’employeur, sous forme de licenciement dans certains cas limités (faute grave, force majeure, inaptitude, décès de l’employeur maître d’apprentissage, exclusion du CFA).
o Rupture à l’initiative de l’apprenti, après saisine du médiateur et respect du préavis, ou en cas d’obtention du diplôme.
o Rupture liée à la liquidation judiciaire de l’employeur.

Par un arrêt du 15 avril 2026, la Cour de cassation fait évoluer les règles en matière de rupture du contrat d’apprentissage. (Cass. Soc., 15 avril 2026, n°26-70.002) et se prononce sur la question suivante : l’apprenti peut-il rompre son contrat en invoquant des manquements graves de son employeur ?

La réponse apportée par la Haute juridiction se veut nuancée, mais décisive.

Elle reconnaît d’abord que lorsque les manquements de l’employeur atteignent un degré de gravité tel qu’ils rendent impossible la poursuite du contrat, l’apprenti est fondé à y mettre un terme de manière immédiate. Une telle rupture peut ainsi intervenir sans préavis ni recours préalable aux dispositifs de médiation habituellement requis.

Mais la Cour opère, dans le même mouvement, une distinction essentielle : cette rupture ne saurait être assimilée à une prise d’acte au sens du droit commun applicable aux contrats à durée indéterminée. Elle s’inscrit dans un régime autonome, adapté à la spécificité du contrat d’apprentissage.

Dès lors, le rôle du juge prud’homal demeure central. Il lui revient d’apprécier la réalité et la gravité des manquements invoqués, d’en déterminer les conséquences quant à l’imputabilité de la rupture, et, le cas échéant, de statuer sur l’octroi de dommages et intérêts.

Par cette décision, la Cour de cassation consacre ainsi un mécanisme inédit : une faculté de rupture immédiate, encadrée et soumise au contrôle du juge, venant renforcer la protection de l’apprenti tout en clarifiant le cadre juridique applicable.

NOTIFICATION DE LICENCIEMENT : vigilance quant à son signataire

Dans un arrêt du 1er avril 2026 (Cass.soc., 01/04/2026, n°24-18946), la chambre sociale de la Cour de cassation précise que la finalité même de l’entretien préalable et les règles relatives à la notification du licenciement interdisent à l’employeur de donner mandat à une personne étrangère à l’entreprise pour procéder à cet entretien et notifier le licenciement, en application des articles L1232-3 et L1232-6 du Code du travail.
Ainsi, le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse si la notification de licenciement est signée pour ordre par la responsable ressources humaines d’une autre société du groupe, dont il n’est pas établi qu’elle gère les ressources humaines de la filiale à l’origine du licenciement, ni que la société du groupe dont elle était responsable ressources humaines était la société mère du groupe ou exerçait un pouvoir sur la société à l’origine du licenciement.
Vigilance donc sur le signataire de la notification de licenciement notamment dans le cadre d’un groupe.

ENGAGEMENT

Le 27 avril dernier, l’équipe de Solucial a participé à la grande plénière annuelle du Centre des Jeunes Dirigeants Lille Métropole

Le 27 avril dernier, l’équipe de Solucial a participé à la grande plénière annuelle du Centre des Jeunes Dirigeants Lille Métropole, organisée à la Ferme des Templiers à Verlinghem.
Cette soirée, placée sous le signe de la prospective, a été marquée par l’intervention inspirante de Mathieu Baudin autour du thème « L’art d’imaginer les futurs », invitant les dirigeants à anticiper les grandes mutations à venir.
L’événement a également permis de mettre en lumière les dispositifs de la Métropole Européenne de Lille, notamment le Parcours Transition Durable, dédié à l’accompagnement des entreprises dans leur transition environnementale.
Un moment riche en échanges et en perspectives, en parfaite adéquation avec les valeurs portées par le Centre des Jeunes Dirigeants.
Pour en savoir plus :
www.cjd.net

 

 

FORMATION

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QUOI DE NEUF CHEZ SOLUCIAL ?

Quitter le cabinet un an pour traverser l’Atlantique en famille, un projet un peu fou et bien réel.

« Dans quelques semaines, Olivia quittera temporairement le cabinet pour une année sur un bateau à voile, autour de l’Atlantique, avec son mari et ses trois enfants :
A partir du mois de juillet, mon quotidien va profondément changer. Je ne serai, malheureusement, plus à vos côtés, pour conduire les missions que vous nous confiez et vous accompagner dans le quotidien de vos entreprises. Je serai en train de réaliser le rêve un peu fou mais surtout très communicatif de mon mari : naviguer pendant un an en famille.
C’est évidemment une chance inouïe de pouvoir concrétiser ce rêve !
En droit du travail et dans notre métier d’avocat, nous sommes souvent dans la résolution des problèmes, dans des enjeux de fédération des équipes, dans des réflexions sur votre vision et l’énergie des équipes pour porter vos projets. Depuis plusieurs années, depuis que nous préparons ce projet, nous nous inspirons et nourrissons de toutes ces variantes pour porter notre propre projet, à notre échelle, et mettre en œuvre notre petite aventure.
C’est donc avec beaucoup d’excitation que nous voyons le grand départ arriver, mais aussi avec un peu de nostalgie de quitter SOLUCIAL, son équipe et ses clients.
Alors j’ai hâte de revenir, grandie de cette folle expérience et avec toujours autant d’entrain et peut être une graine d’exotisme en plus ! »

Olivia Bulcke

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